Le Gartner indique suivre l'évolution de ce nouveau modèle depuis neuf ans, connu d'abord sous l'appellation ASP (Application Service Provider). « Alors que le modèle SaaS devenait une manière de proposer du logiciel viable de 2000 à 2003, la majorité des fournisseurs offraient un noyau applicatif de base à un niveau de qualité correspondant à ce qu'on qualifie outre-atlantique de good enough, c'est-à-dire correct, considère Robert DeSisto, Vice president du Gartner. Le SaaS ne permettait alors pas de prendre en compte la complexité métier des entreprises. La tendance a clairement changé. Les fournisseurs améliorent sans cesse les fonctionnalités de leurs solutions que les entreprises peuvent désormais personnaliser et paramétrer pour répondre de manière précise à leur besoin ».
Le SaaS est implémenté dans tous types d'entreprise, des TPE jusqu'au Fortune 500 dans des domaines très différents comme le CRM (automatisation des forces de vente, service client), Conférence Web, ressources humaines... Selon le Gartner, le rythme d'adoption varie de manière significative selon les types d'applications. Le SaaS CRM, dont le porte-drapeau est incontestablement salesforce.com, et qui fut un des domaines pionniers, représentait 8 % du chiffre d'affaires consolidé de logiciel CRM et serait de l'ordre de 12 % en 2006. Les logiciels d'intégration (EAI) comptent pour 10 % environ alors que d'autres domaines comme les ERP et la gestion de la chaîne logistique qui représente moins de 4 % du marché. Il est vrai que les deux poids lourds de ce marché que sont SAP et Oracle n'ont rien fait pour accélérer le mouvement et qu'aucun concurrent du type salesforce.com n'est là pour les aiguillonner.
La majorité des déploiements sont toujours assez concentrés sur des initiatives isolées de services ou départements de PME et sur des domaines métier bien spécifiés tels que l'automatisation des forces de ventes. Mais l'on commence à voir des fournisseurs qui ont la capacité à supporter des processus de manière beaucoup plus globale.
Alors que l'adoption des solutions SaaS devient tout à fait significative, la dynamique d'achat est en train de se modifier assez radicalement. Jusqu'ici, l'acheteur était principalement le responsable d'une ligne de produits ou d'une activité, comme par exemple la direction commerciale ou des ressources humaines, mais sans implication des DSI.
« Les DSI s'intéressent de plus en plus à ce phénomène dans la mesure où elles réalisent que les solutions SaaS s'imposent. Elles comprennent qu'elles doivent essayer d'en tirer parti plutôt que d'être exclus de toutes décisions les concernant, poursuit Robert DeSisto. Les directions fonctionnelles et les DSI doivent être impliquées de concert dans la sélection des solutions et la gestion des contrats. Leur participation conjointe est de nature à améliorer les processus de décision et la gestion de leur utilisation ».